Thierry Secretan, président de PAJ, s'adresse aux signataires du code. Photo M. Fourmy

Thierry Secretan, président de PAJ, s’adresse aux signataires du code. Photo M. Fourmy

Mesdames et messieurs, au nom des adhérents de PAJ permettez-moi de remercier d’abord Madame la ministre d’avoir rendu possible les conditions d’un dialogue entre les acteurs de l’information que nous sommes, dialogue que le code que nous signons aujourd’hui pérennise.

Merci ensuite à vous – chers confrères des agences et de la presse – ainsi qu’à Francis Brun-Buisson, Sophie Lecointe et Claire Le Hénaff pour vos efforts et pour la ténacité déployés. Mission accomplie, la ligne rouge Moscou-Washington est enfin ouverte ! Reste à savoir qui décrochera quand elle sonnera.

L’absence de l’UPP et du SNJ est regrettable mais la pétition contre notre code qu’ils tentent de faire signer par les photographes est, elle, inacceptable car lardée d’affirmations mensongères quant au déroulement de la mission. En tant que journaliste et après avoir participé à toutes les réunions je m’en offusque, je m’insurge quand la simple vérité est mise à mal et PAJ a résisté à toutes les pressions exercées pour qu’elle ne soit pas présente ici aujourd’hui.

Vous l’avez compris je crois, la ligne de PAJ est non partisane, c’est celle de la vérité, étayée par des faits, lesquels sont têtus. Celui-là notamment, qui veut que les photographes, numérique oblige, assument désormais la post production des images qu’ils produisent. Ce temps, indissociable du résultat publié, doit désormais être comptabilisé dans les commandes des éditeurs de presse, faute de quoi les louables engagements qu’ils ont pris dans ce code afin de revitaliser le secteur de la photographie resteraient lettre morte.

Un autre fait, historique celui ci, c’est l’offensive des majors anglo-saxons de l’image sur les petites agences sous couvert de syndication, en bon français la revente. Ces majors, en obtenant des publications abonnées à leur flux la revente de leur production photographique – y compris celle issue de commandes à de petites agences – asphyxient ces dernières.

PAJ en appelle à la conscience démocratique des éditeurs de presse. Contribuer à sacrifier pour des intérêts à très court terme l’existence des petites agences, incidemment les plus créatives, anéantirait la diversité des sources dont la préservation est l’un des objectifs que nous avons accepté en signant ce code.

Enfin, Madame la ministre, le fait que vous ayez réussi à recueillir nos signatures sur ce code, véritable tour de force s’il en fut, me fait espérer que vous voudrez bien inciter le ministère du travail à diligenter un ambassadeur aussi efficace que l’a été Francis Brun-Buisson, afin de se pencher sur l’indispensable aménagement du statut des photographes.

Il est alarmant de constater que chaque année, d’une part, de plus en plus de photographes perdent la carte de presse et que, d’autre part, de plus en plus de photographes perdent leur affiliation à l’Agessa. Il est urgent de reconnaître que notre système n’est plus en phase avec les réalités du marché. PAJ, dont les adhérents couvrent plusieurs générations et toutes les catégories de notre profession, se met à votre disposition pour contribuer à cette indispensable réflexion.

Au nom de tous les membres de PAJ, je vous remercie.

Thierry Secretan
président de PAJ