Comme elle l’a fait le 18 octobre devant la commission Lescure, PAJ a proposé mercredi 14 novembre, lors de son colloque au Palais du Luxembourg, que la presse relance la production photographique nationale en dédiant un pourcentage des aides que lui verse l’état à commander des photographies aux indépendants, collectifs et agences coopératives françaises.

 

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« Sur le principe je suis pour, a répondu Laurent Joffrin dans un entretien avec PAJ diffusé lors du colloque, je voudrais voir quelles conséquence cela a pour les finances. Les quotidiens risquent de trouver un problème là parce que eux ils ont plus besoin d’aide que les hebdos. Oui, pourquoi pas, c’est une solution tout à fait louable dans le principe. Je suis pour, en tout cas je suis pour qu’on l’étudie. Il faut voir combien d’argent. Ça c’est plutôt une question à poser d’ailleurs au ministère de la culture qui est le dispensateur des fonds publics en l’occurrence. Est-ce qu’ils sont prêts à étudier cette solution qui effectivement permettrait de maintenir un milieu, une base française de production d’image qui a connu une heure de gloire formidable, respectée dans le monde entier. Ce serait dommage de voir disparaître cette culture du photoreportage, de l’image, qui est un des grands atouts de la culture française. Ce serait dommage de s’en priver ».

 

Le colloque organisé par PAJ au Palais du Luxembourg le 14 novembre dernier a fait salle comble jusqu’à la dernière minute des 4 heures d’interventions très denses et passionnantes. Que les photographes sachent qu’ils disposent en la personne de la sénatrice Marie-Christine Blandin d’une alliée très au courant – le fait est suffisamment rare dans le monde politique pour être souligné – de la situation intenable de notre profession. Son introduction au colloque de PAJ qu’elle parrainait, et dont vous pouvez lire ici les déclarations de chaque intervenant, le démontre.

Les témoignages de Françoise Huguier et de Patrick Robert ont fait prendre conscience aux représentants des autres branches de notre profession venus ou participant au colloque ainsi qu’à Daniel Barroy, chef de la mission de la photographie au ministère de la culture, que les photographes cotisent à fonds perdus aux multiples caisses sociales dont leurs multiples activités dépendent (presse, corporate, édition, publicité, exposition etc.).

Le témoignage poignant d’Aline Manoukian, présidente de l’association nationale des iconographes, a dévoilé comment les exigences des gestionnaires de la presse contraignent les iconographes, profession également maltraitée, à faire constamment le grand écart entre des pratiques inacceptables (D.R à outrance, photographies sans source identifiée etc.) et le respect de l’information.

Les interventions des juristes de très haut niveau que sont mesdames Julie Rodrigue et Caroline Henry, avocats à la Cour, et monsieur Hubert Bitan, expert judiciaire en informatique et en télécommunication agréé pour la Cour de cassation, sont impossibles à résumer en quelques lignes et méritent d’être attentivement lues. Il en ressort cependant que si une photographie mise sur la toile a toutes les chances d’être « piratée », des recours nationaux et internationaux contre les sites marchands qui se livrent à de tels actes sont possibles. En revanche, au plan des internautes particuliers aucune action légale ne semble possible, la pratique des « common license » semble s’imposer.

Le colloque de PAJ a une autre conséquence : notre association est heureuse de pouvoir annoncer qu’elle étudie avec ces juristes la mise en place d’une permanence téléphonique juridique afin de permettre à ses membres d’exposer tout litige potentiel dans le cadre de ses activités, de recevoir un conseil juridique et d’engager, s’il y a lieu, une action en justice.