Des photos venues d’ailleurs pour illustrer la Côte d’or: des photo-reporters crient au scandale
Une photo qui suscite la colère d’une association de photo-reporters… Cette photo vous l’avez peut-être déjà vue: elle figure à la une du guide “La Côte d’Or J’Adore” du Comité Départemental du Tourisme en partenariat avec “Le Bien Public”.
On y voit une jeune femme assise près d’un étang, les pieds dans l’eau, tenant une ombrelle.
Les membres de l’association PAJ “photographes auteurs journalistes” se sont rendus compte que ce cliché provient d’une banque de données sur internet. Alors qu’un photographe local aurait pu faire la même chose mais évidemment pour plus cher.
Ce guide “La Côte-d’Or J’adore” est imprimé, réalisé par le Bien Public pour le compte du Comité Départemental du Tourisme qui n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Franck Mauerhan rédacteur en chef adjoint au JOURNAL, lui ne comprend pas cette polémique. D’autant que ce genre de photo n’est utilisé que ponctuellement pour certains suppléments publicitaires et que par ailleurs le journal fait travailler des photographes.
Selon l’association PAJ ce genre de photos pullulent depuis 5 ans du fait de l’apparition de ces banques de données sur internet… Elle a déjà dénoncé l’utilisation d’une photo de vignes californiennes pour vanter le vignoble Picard ou bien encore des clichés d’Afrique du Sud pour faire la promotion des côtes bretonnes dans le métro de Londres.” Présentation du sujet sur le site de Radio France Bleu Bourgogne.
Le 26 juin, dans le journal de 08h20, Pierre Gleizes, membre de PAJ, a été interviewé par Thomas Nougaillon de RFB Bourgogne, car il est à l’origine de la découverte de cette campagne utilisant l’image du microstock tchèque.


10 comments
Pascal Meunier dit:
21 juin, 2012
Il faut vraiment que nous nous donnions les moyens neutraliser ces escrocs incompétents.
Les pouvoirs publics, les collectivités locales ne se contentent plus d’êtres complices de ce n’importe quoi généralisé.
Ils sont devenus les principaux acteurs de cet incroyable bordel.
Décidément, ces conseils généraux ne servent à rien d’autres qu’à dilapider les deniers de l’Etat.
Jean Philippe Lecat doit se retourner dans sa tombe.
Joël dit:
26 juin, 2012
En quoi est-ce de l’escroquerie ???? des photographes proposent des oeuvres, des services publics ou des journaux les achètent. Travaillant pour une collectivité, nous avons recours au reportage professionnel par des photographes et parallèlement, nous utilisons des banques de photos en ligne. Ce serait dilapider l’argent public que de payer plusieurs centaines d’euros pour une photo utilisée pour une unique publication. Il faut arrêter de croire que les budgets communications sont extensibles à foison. Je suis d’accord que du point de vue de l’éthique, c’est contestable d’utiliser ces banques de photos mais économiquement, il faut se rendre à l’évidence, c’est incontournable.
M.Fourmy dit:
27 juin, 2012
Il faut juste comprendre que ces banques d’images ne respectent pas le Code de la Propriété Intellectuelle qui régit le fonctionnement économique de notre métier. Où est le pré-compte obligatoire qui doit être versé par le diffuseur pour l’auteur ? Où le 1% diffuseur obligatoire versé par l’acheteur vers une société d’auteur pour permettre à ces derniers de permettre à l’ensemble des auteurs photographes de pouvoir poursuivre leur activité ? Où sont la signature de l’auteur et le contrat qui définit l’usage pour la reproduction d’une oeuvre ? Savez-vous que la vente par lots est interdit ? Sachez que si aujourd’hui vous n’êtes pas face à l’auteur pour le respect de son droit moral (voir patrimonial), vous serez dans la période de 70 ans après la mort du créateur de l’oeuvre face aux ayants droits qui pourront vous réclamer jusqu’à 300 000€ pour contrefaçon… Il est évident que les auteurs se défendront face à des systèmes qui vous font croire qu’ils sont généreux avec des prix très “attractifs” mais qui demain vous laisseront face à vos responsabilités juridiques (respect du droit et de la signature) et sociales (Agessa, caisse sociale des auteurs).
PERERA dit:
22 juin, 2012
Dans ces conditions, “la Côte d’Or, je déplore !”
Donnezan Herve dit:
30 juin, 2012
Alors JOEL trouve normal de payer les droits de diffusion une misère, et de dépenser en impression, achat d’espace, diffusion des sommes 100 fois voire 1000 fois supérieures…
Dommage encore un qui ne sait voir que le budget droits photo… non extensible, alors que le budget des agences de com l’est beaucoup moins…
C’est vraiment mépriser le travail des photographes indépendants…
Le photographe indépendant que je suis trouve anormal qu’un salarié payé par de l’argent public, prenne l’initiative d’utiliser une photographie provenant d’agences étrangères qui ne respectent pas la législation du pays, Ce salarié devrait justifier d’une certaine éthique dans son emploi et s’imaginer qu’une partie de son salaire peut ou aurait pu être financée par des revenus de droits d’auteurs de photographes…
Peut être celle ci n’est utilisée qu’une fois… mais dans de nombreux cas les utilisations sont très importantes
Antipodes dit:
4 juil, 2012
Je travaille dans la fonction publique et je peux vous dire que les choses sont loin d’être roses.
Dans un cadre professionnel j’utilise (malgré moi) des photos données par des tiers sans pour autant que l’auteur soit identifié… (mais à mon sens identifiable puisque les photos sont volées sur Internet). Les images ne sont même pas achetées dans des banques de photo et on me demande de produire des documents pour le public avec…
J’ai fait une note de service à la direction générale de ma structure (Rappel de la loi, des risques et désengagements de ma responsabilité pénale) mais rien à faire… On m’indique qu’on fera le nécessaire (achat d’images dans une banque (c’est déjà ça)) mais je sais pertinemment que cela ne sera pas le cas !
Ce cas est encore plus grave que celui évoqué… Je suis exaspéré…
Pour autant j’ai fait mon boulot de cadre et agent publique en alertant la hiérarchie au plus haut…
Finalement je ne désespère pas car à titre personnel, j’envisage de créer un statut d’auteur photographe…
donnezan herve dit:
12 juil, 2012
Il y a d’autres cas dans le privé aussi Hélas surtout dans la PQR on scanne et reproduit a tout va…, dixit une icono redac. d’un grand quotidien… rencontrée dans une expo… qui culpabilisait aussi mais sous les ordres de la direction… et c’était il y a 8ans bien avant le tsunami actuel
helene dit:
21 août, 2012
Bonjour, dans le cas présent on ne reconnait absolument pas la côte d’or.
Ce qui n’était pas le cas de la Picardie/californie ou du littoral breton/ Afrique du Sud. Donc que cette nana soit tchèque, polonaise ou autre on s’en fout… de toute façon une série avec mannequin en France coûte plus cher qu’à l’Est (l’industrie porno vient de l’est depuis longtemps).
Le seul vrai problème déontologique pour moi c’est de mettre une nana (plutôt sexy, jolie…) pour faire la promo d’une région…
Ah sexisme quand tu les tiens…le code de la propriété intellectuelle c’est une histoire de sous, la promotion d’idées douteuses c’est dégueulasse et ça n’est pratiquement jamais remis en question..
Amitiés
clausier dit:
22 août, 2012
Ce qu’il y’a de navrant avec les photographes,est que ça discute, discute encore, commente a qui veulent bien entendre le non respect des éditeurs et des diffuseurs concernant la législation et les lois qui régissent notre métier. Quant,un beau procès pour exemple, de la part des associations ou syndicats qui représentent notre métier. Sinon, dans trente ans encore les pleureuses continuerons à mouiller le mouchoir.
M.Fourmy dit:
22 août, 2012
PAJ, via son président, vient de remporter un procès face au Groupe Amaury pour non-respect de la signature de son auteur dans le magazine La Parisienne et le non-réglement de la publication. C’est sur le site de PAJ. Mario Fourmy