

Dans une campagne d’affiche à Paris dans les stations de métro de la RATP, le Comité Régional du Tourisme d’Alsace, utilise des photographies pour faire la promotion de sa région.
“Le Comité régional du tourisme d’Alsace a lancé une nouvelle campagne d’affichage dans le métro parisien et également sur Internet. Orchestré par l’agence Dagré, le dispositif se décline en affichage dans le métro parisien”.
L’une des deux affiches, montre une jeune femme faisant du vélo dans un cadre qui semble être l’architecture alsacienne. Le crédit photo attaché à ce 4mx3 indique deux agences: Getty et Fotolia. Aucune mention d’un auteur pour Gettyimages. Sur le site internet de cette banque d’images pourtant le photographe est clairement mentionné comme le montre le document ci-dessus. Ce photographe existe. La signature de l’auteur est obligatoire:
« L’auteur jouit du droit au respect de son nom, de sa qualité et de son œuvre. » (art. L.121-1 du CPI).
Nouvel exemple du non-respect de l’auteur; de la non-mention d’une photographie issue d’un photomontage, comme les autres affiches. Les agences de communication en charge des contenus visuels semblent des habituées de ce genre de comportement.
Mario Fourmy


3 comments
David dit:
30 mai, 2012
Si encore l’argument selon lequel faire appel à une banque d’image diminue sensiblement le budget d’une “campagne” de ce type (ou plus modeste) était valable, il serait difficile de ne pas se rendre à la logique du client qui a le choix entre une campagne moins chère avec des images “génériques” et une autre, plus chère, avec un travail d’auteur et/ou de commande. Mais cet argument, souvent avancé, la plupart du temps ne tient pas! Et il faut le marteler. Surtout quand il est le fait d’agences de com privées ou semi-privées. L’économie réalisée sur le poste “image” (à coup de photomontage sur des images à bas coût) est la plupart du temps motivée par la recherche de la facilité, une organisation déficiente qui fait rechercher les images “au dernier moment” quand ce n’est pas une manière d’augmenter la marge de l’agence qui se dit que “ce sera bien suffisant” (et ça l’est visiblement puisque des clients, memes publics, s’en contentent et valident de tel “produits”). Mario a raison de souligner les manquements au droit d’auteur avec entêtement. Les habitudes (surtout les mauvaises), se prennent vite.
Mais je crains que sans travail en amont, pédagogique diront les uns, de lobbying diront les autres, auprès des diffuseurs, des commanditaires, cette logique et ces pratiques ne soient amenées à se généraliser. Simplement, parce qu’elles SEMBLENT plus “faciles”, plus “souples” à gérer, et moins chères. Là encore, l’idée que ce serait moins cher est à relativiser. Ces pratiques ne sont pas moins chères pour tout le monde. Je ne suis pas sur que la région alsace ait eu un devis si “bon marché” que ça de la part de l’agence qui a réalisé la campagne, en comparaison d’une autre qui aurait produit un travail plus original en faisant travailler un ou des photographes. Nul doute en revanche que la marge de l’agence aurait été un peu différente.
Au delà du constat (qu’on connait tous), il me semble qu’il nous faudra envisager, outre la dénonciation de ces comportements, des stratégies pragmatiques et économiques pour apporter la démonstration de l’intérêt économique de faire appel à des auteurs. A la décharge des clients il faut aussi reconnaitre que le monde des photographes est totalement atomisé et que les intermédiaires (agences d’images, agences de com notamment) ont beau jeu de se présenter comme apporteurs de solutions. La défense des auteurs, j’en suis convaincu, passera non seulement par la condamnation de pratiques douteuses ou immorales mais également (et peut etre surtout) par la mise en place de stratégies offensives d’information et d’explication. Puissions-nous tirer profit de l’histoire des producteurs de fruits et légumes … coincés entre le dicktat de la grande distribution et les marges des intermediaires … et réagir tant qu’on peut encore le faire.
Herve Donnezan dit:
2 juin, 2012
Tout cela est tres juste…
Mais lorsque l’on sait que les agences de com collaborant avec les institutions publiques ont souvent d’autres “préoccupations”… ( qu’une vision authentique d’auteurs)…
Dans le sud aussi une campagne de com d’une enorme instituttion régionale pour l’aide aux entreprises locales était illustrée avec des images de travailleurs étrangers, prises a l’étranger, vendues par des étrangers…
Bref…
Il faut voter pour une lumiere naturellement authentique régionale, et changer maintenant ces pratiques minables…
Merci pour l’information générale de PAJ, afin que chaque auteur puisse denoncer ce manque de respect…de simple logique, voire d’intelligence de la part de certains responsables…
M.Fourmy dit:
2 juin, 2012
C’est pour cela que nous devons être vigileant, tous. Nous nous devons, sur la règle simple de la signature de l’auteur, de le faire savoir pour obliger les acheteurs à pouvoir justifier de la volonté de l’auteur de ne pas signer, ou au contraire rééduquer les utilisateurs de photographies à intégrer la signature comme un élément fondamental du respect du droit de paternité. Les auteurs et particulièrement les non-professionnels, peuvent demain faire des dégats considérables si ils décidaient de revendiquer la signature, non mentionnée, de l’usage de leurs images et donc de percevoir la somme dûe pour le non-respect du CPI. Mario Fourmy