Dans le contexte de la remise du label “offre légale” Hadopi à l’entreprise Fotolia en juin dernier,

l’UPP avait rencontré, le 13 mai, Mme Marie-Françoise Marais, présidente de la haute autorité et lancé une pétition contre l’absurdité de cette décision (+5000 signatures de photographes auteurs, mais avec une fin de non recevoir de l’Hadopi).

PAJ, le 25 mai venait remettre à Mme Marais l’étude faite, pour le compte de PAJ, par le cabinet Pons&Carrère pour lui indiquer les pratiques commerciales douteuses de Fotolia.

Il semble que la colère des photographes ait été entendue :

Article de Guillaume Champeau – publié dans Numérama le lundi 26 Décembre 2011

www.numerama.com/…hadopi-veut-faire-respecter-la-photographie-en-exploitant-l-emotion


“L’Hadopi recrute un chargé de mission qui devra non seulement s’intéresser aux problématiques de droits d’auteur des photos numériques, mais aussi voir comment “l’émotion” suscitée par la photographie peut être exploitée pour redonner sa valeur à l’objet photographique.

Ca n’est pas parce que les photographies ne s’échangent pas sur les réseaux P2P que l’Hadopi n’entend pas se saisir de leur contrefaçon. La Haute Autorité a publié juste avant Noël une offre d’emploi pour recruter un “chargé de mission photographie”, qui devra être disponible dès le 2 janvier prochain, et s’intéresser spécifiquement à la question de la diffusion des oeuvres photographiques dans l’univers numérique. A cet égard, l’Hadopi semble vouloir adopter une approche plus large que l’application mécanique de droits de propriété intellectuelle.

Le poste paraît presque dédié à résoudre les relations tendues entre l’Hadopi et les professionnels de la photographie, depuis que le label d’offre légale a été décernée à Fotolia, décrié par les photographes professionnels pour son écrasement des prix et la valeur industrielle qu’il renvoie des objets photographiques.

L’agent recruté devra en effet “mettre en œuvre une articulation entre l’usage de la photographie, son aspect d’art populaire et accessible, et son modèle économique émergent”, indique l’annonce. Il est précisé que l’agent “devra inclure à son travail la question de la propriété de l’oeuvre photographique numérique”, ce qui suppose a contrario qu’il ne devra pas se limiter aux droits d’auteur. Plus largement, le descriptif presque poétique du poste précise que “la question n’est pas seulement d’ordre technique mais intègre des dynamiques de valeur et d’usage propre à l’ « émotion » suscitée par l’œuvre photographique“.

Si l’objectif technique semble bien être de pousser à l’adoption d’un système de métadonnées et de signature numérique pour faciliter l’identification des oeuvres par les systèmes de filtrage ou de notifications de contrefaçons, le chantier général est plus vaste. “Les travaux doivent porter sur une réponse idoine à la situation des photographes et allier un dispositif économique (plus-value), juridique (protection des créateurs) et surtout « émotionnel » (retrouver les possibilités d’identifier le photographe, son œuvre, l’accès à d’autres photographies, le lieu de leur exposition etc.)”, indique l’annonce.

L’idée n’est donc pas seulement d’empêcher les copies mais aussi de faire qu’un internaute qui se trouve “ému” par une photographie puisse facilement en retrouver l’auteur, et découvrir l’univers du photographe. Actuellement, la plupart des copies de photographies qui circulent sur Internet sont dépourvues de source, ce qui n’est pas seulement un problème de droit mais aussi un problème culturel.

Signe de l’angle très particulier du poste, le candidat ne devra pas présenter un profil de juriste mais un cursus généraliste, avec une “formation en arts graphiques ou beaux arts associée à une expérience en management de projets”.

PAJ se rejouit que la nomination soit effective.

PAJ