Déclaration de PAJ lors de la réunion du 11 juillet 2013 organisée M. David Kessler, conseiller Culture et Communication du Président de la République, sur les suites du rapport Lescure et sur les statuts des photographes.

 MARIO FOURMY, président

 PAJ vous remercie, M. le conseiller, de nous avoir invité à cette réunion qui témoigne de votre intérêt et de celui de la présidence de la République pour la photographie et pour tout ce qu’elle véhicule avec elle.

 Quant aux suites de la mission Lescure et concernant sa note B5 consacrée spécifiquement à la photographie, nous souscrivons entièrement aux propositions n°36 et 37 de ce remarquable document. Comme les éditeurs de presse nous soutenons la proposition que fait aussi ce rapport d’une faible taxe sur les appareils connectés. Pour la suite permettez-moi de passer la parole à Thierry Secretan, secrétaire général de PAJ.

 THIERRY SECRETAN, secrétaire général

 Monsieur le conseiller, mesdames et messieurs.

 Un mois après la remise du rapport Lescure, la mission Brun-Buisson trace en 4 points aux éditeurs de presse, aux agences et aux photographes, les buts à atteindre, fondés, je cite, « sur l’objectif nécessairement partagé d’exploiter des photographies de qualité » et cela d’ici le 31 décembre 2013.

 Avant de les exploiter, il faut produire ces photographies de qualité.

 PAJ pense, comme beaucoup d’autres, qu’une solution existe pour aider à sortir du marasme actuel la photographie ET la presse. C’est la proposition n°37 du rapport Lescure. Je résume : « conditionner les aides à la presse à un approvisionnement auprès des agences, des collectifs et des indépendants».

 Autrement dit, commander, produire à nouveau des contenus exclusifs propres à chaque titre. Sinon quel intérêt pour les citoyens d’acheter du papier, aujourd’hui un luxe, pour y retrouver le même volume d’images et d’informations déjà vues gratuitement sur l’internet ? Seul ce retour de la qualité – et des exclusivités – ramènera des lecteurs aux éditeurs de presse, augmentera la fréquentation de leurs sites sur tous supports, et attirera les annonceurs publicitaires.

 Cela suppose que les éditeurs de presse et la DGMIC – qui a aussi pour tâche d’œuvrer à l’amélioration de la qualité et de la diffusion de la presse – acceptent le principe d’étudier honnêtement la proposition Lescure n°37 et ses bénéfices pour la presse.

 Les statuts des photographes.

 Ces derniers ont, pour parer à l’effondrement du marché de la presse, diversifier leurs activités, ce qui a entraîné une multiplication de leurs statuts qu’il serait urgent de simplifier car ils multiplient les cotisations à fonds perdus pour les photographes.

 Nous assistons à une mutation foudroyante du métier tentant de répondre au besoin des éditeurs de presse qui est d’obtenir – en plus des photographies – interviews et courtes séquences filmées puis montées (pastilles video, webdocs, diaporamas sonorisés etc.).

 À cet égard, photographes indépendants, agences et collectifs sont tous devenus des producteurs de contenus multimedia. Les journalistes y sont aussi amenés.

 Un grand hebdomadaire national propose en ce moment des formations photo, video et montage à 18 de ses journalistes et la DGMIC vient de financer l’achat de 700 smartphones pour les journalistes de la presse quotidienne. Hormis le problème de l’accès à ces formations, quand, tous ces producteurs de contenus multimedia, doivent-ils être payés en droits d’auteur, en salaires ou en prestations?

 Les chantiers sont vastes. Mais nous pensons que l’instant est venu, que nous devons saisir l’opportunité que vous nous offrez M. le conseiller et que l’état offre aux éditeurs de presse, aux agences et aux photographes avec la mission Brun-Buisson, de mener ces chantiers à bien. Plus que d’autres notre domaine caractérise l’exception culturelle française et européenne que nos gouvernants défendent car notre métier a ceci d’exceptionnel qu’il est tout à la fois politique et artistique.

 En dotant, je cite, « libéralement le monde entier » du procédé Daguerre en 1839, la France créait le plus puissant vecteur d’information et de démocratie qui soit. L’image c’est l’information. Abandonner cet idéal serait une erreur aux conséquences médiatiques et politiques encore incalculables pour notre démocratie.

 Au nom de PAJ je vous remercie.